Ce mois d’avril doit coïncider avec le début des grands travaux de rénovation prévus pour s’achever avant l’été, avec mini-série en teaser sur les réseaux sociaux et « grosse inauguration » avec des repas à gagner. 500 000 euros d’investissement ont été budgétés par Julien et Baptiste Lescarboura qui ont fait le tour d’une quinzaine de grandes brasseries parisiennes avant de se lancer. Sol complexe de 300 m² à changer en lien avec la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) et l’architecte des Bâtiments de France dans cet ex-casino construit en 1928 par l’architecte parisien André Granet avec deux architectes locaux, Albert Pomade et Jean Prunetti, nouvel agencement intérieur imaginé par l’agence bordelaise de design Hekla avec grand bar en arrondi de marbre rouge, banquettes, étage avec coin digestif et canapés, réfection énergétique… Aux Tarbelles (d’Aquae Tarbellicae, Dax au temps gallo-romain), la musique aura toute sa place : quart de queue sur place pour du piano-bar le jeudi, concerts live le vendredi et DJ le samedi. Pour l’été, dans le patio déjà bien connu des festayres de la mi-août, le bar tapas profitera d’un écran géant de 4×2 m pour les retransmissions de matchs de la Coupe du monde de football notamment dans cet ex-amphithéâtre à ciel ouvert.
Brasserie à la landaise
Dans ce lieu emblématique, propriété de la Ville avec fonds de commerce et bail 3-6-9, « il n’était pas question de faire une rénovation a minima, expliquent les deux frères et associés. C’est un gros, gros projet qui nous fait très, très plaisir. On a dû se battre, mais les banques Pouyanne et Bami nous ont suivis parce que nos affaires à Capbreton sont saines, rentables, avec des équipes fidèles. »
La brasserie de l’Atrium, ils y avaient déjà plus qu’un pied puisque depuis quelques années, ils l’avaient reprise avec quatre amis associés, en même temps qu’El Meson, bar-restaurant espagnol que tenait jusqu’alors leur père, Jean-Patrick Lescarboura, ex-demi d’ouverture du XV de France et de l’US Dax.
« On trouvait que ça ne prenait pas la bonne direction à l’Atrium et on a proposé à nos copains de leur racheter, juste mon frère et moi », rembobine Baptiste Lescarboura, ex-rugbyman amateur, un temps en équipe nationale de Belgique où il était allé faire des études de kiné quand son frère a connu les bancs de Kedge Business School à Bordeaux.
Dans une ville qui a vu son offre bistronomique s’étoffer ces dernières années (La Fabrique, Complices, Oste, le Bistrot Baignot…), leur idée est d’occuper « le créneau de la brasserie de qualité, abordable, dans l’esprit traditionnel français et landais. Avec nos établissements, on a du volume, on peut donc travailler les prix au mieux », assurent-ils, contents de voir arriver en cuisine Adrien Ducos, qui fut le chef de l’ouverture du Cœur Joie à Hossegor après être passé dans des restaurants de grands hôtels des Alpes françaises et suisses, au Canada, Paris ou dans le Bordelais.
Les Lescarboura ont, eux, démarré dans la restauration à Bordeaux avec leurs premières Planches éphémères à l’hippodrome du Bouscat, une affaire tenue un an avant de passer la main. Ce modèle de terrasses démontables, ils l’ont dupliqué à Capbreton, plage Notre-Dame sur une concession de la commune remise en jeu l’an prochain (« 800 000 euros HT de chiffre d’affaires, d’autres cabanes mieux placées atteignent 1,2 million d’euros »). Non loin, le restaurant Bonamour, c’est aussi eux.
Un commercial dédié au réceptif
« Même si on vit aujourd’hui près de la côte, on reste des Dacquois, et l’Atrium est un challenge personnel, on sait qu’on va être attendu. C’est un projet financier très engageant. Même notre père dit qu’on est fous ! Mais on est sûr qu’il y a du potentiel sur Dax et qu’un lieu comme ça peut aussi donner envie à certains qui partent à Hossegor ou Biarritz trouver de l’ambiance le week-end, de rester ici. »
Côté clientèle, les deux frères ont également embauché « un commercial dédié au réceptif professionnel, une source de chiffre d’affaires très importante » dans leur business plan. « On a une scène, des écrans, on peut aller jusqu’à deux heures du matin et faire du dansant, ça plaît à beaucoup d’entreprises aujourd’hui. »
Et de croiser les doigts pour que l’US Dax rugby Landes reste en Pro D2 car « ça amène toujours du monde les jours de match ».

Julien et Baptiste Lescarboura devant l’Atrium où doit ouvrir d’ici l’été le restaurant les Tarbelles. © D. R.