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Reconfinement : Aqualande – les équipes s’engagent

À Roquefort, le groupe Aqualande, leader européen de l’aquaculture, s’appuie sur l’engagement de ses équipes pour passer la vague Covid et poursuivre son développement.

Aqualande - les équipes s’engagent

Groupe coopératif Aqualande © D. R.

Pour que les affaires marchent, il faut retrouver la confiance, ce n’est pas le cas aujourd’hui dans l’ambiance économique générale. Mais, Aqualande peut compter sur des produits qui répondent à la demande du consommateur », se rassure Stéphane Dargelas. Confronté au reconfinement, le PDG du groupe coopératif spécialisé dans l’élevage et la transformation des truites, compte bien garder le cap tenu lors du premier impact Covid au printemps. « Face au premier confinement, il a fallu répondre vite et inventer. Notre métier c’est le poisson vivant en bassin qu’il fallait continuer à alimenter, ce qui impose l’obligation absolue de continuer à travailler. L’usine de Roquefort a pu tourner à hauteur de 80 % de l’effectif et donc suivre la demande des clients, notamment sur les produits transformés, dont la truite fumée, un de nos produits phares, sur lequel la demande de la clientèle est demeurée constante.

Aqualande - les équipes s’engagent

Stéphane DARGELAS, PDG du groupe coopératif Aqualande © D. R.

L’ensemble du personnel s’est engagé de façon très forte pour que l’entreprise sorte par le haut de cette crise. Sans personnel, il n’y a pas d’entreprise ». Aussi, le groupe Aqualande a-t-il choisi de ne pas opter pour le chômage technique ni d’avoir recours aux licenciements, mais n’a pas embauché de saisonniers à partir de mai et durant la période estivale contrairement aux années précédentes. Un accord a été trouvé avec le personnel qui a accepté de travailler le samedi et deux jours fériés. « Pour assurer la sécurité sanitaire, nous sommes de gros consommateurs de masques, de sur-chaussures, de tabliers… Dans les ateliers, nous avons créé des séparations physiques d’un mètre, nous avons organisé une alternance de passage dans les vestiaires, des pauses rallongées… La santé de notre personnel n’a pas de prix, mais il faut savoir qu’elle a un coût évident pour l’entreprise. En gros, l’incidence sur l’année 2020 est de l’ordre de 100 000 euros de plus que la normale », pointe Stéphane Dargelas.

Il a fallu gérer l’exportation avec les problèmes logistiques liés à la disponibilité des bateaux et des avions.

© D. R.

5 MILLIONS D’INVESTISSEMENTS EN 2021

Une organisation qui a permis de faire face à la baisse globale des commandes du début du confinement jusqu’à mi-avril avec le maintien d’une capacité de production de 80 %. « La consommation s’est d’abord plutôt portée sur des produits qui se conservaient ou des produits secs et produits frais. Mais nous avons assisté à un retour rapide vers nos produits préemballés ». Si, sur ce marché porteur, le chiffre d’affaires reste inférieur à celui de 2019, « la baisse demeure raisonnable au regard des circonstances. Une tendance similaire de consommation est observée en ce début de deuxième confinement », estime-t-il. Principal point noir : l’exportation, sur laquelle le groupe réalisait 16 % de son chiffre d’affaires en 2019. « On a plusieurs activités, dont toute une activité d’élevage, ainsi que les alevins et les œufs de truite embryonnés dont il a fallu gérer l’exportation avec les problèmes logistiques liés à la disponibilité des bateaux et des avions. Quand vous avez des filiales comme Aqualande Origins, la Ferme marine du Douhet ou Les poissons du soleil qui dépendent à 90 % de l’exportation, ce n’est pas simple, il faut passer les frontières. Aujourd’hui, les freins géopolitiques sur l’Iran et la Turquie, liés au Macron-bashing* nous inquiètent ». En dépit de ces zones d’ombre, le groupe landais n’en poursuit pas moins ses investissements. Après avoir doublé, en 2018, la surface de son unité de transformation de truite fumée à Sarbazan, soit 6 500 m2 supplémentaires pour un investissement de 16 millions d’euros, il prévoit pour 2021 de nouveaux investissements sur le site de l’ordre de 5 millions d’euros. Le projet englobera des aménagements de lignes, des améliorations de procédés, la modernisation et l’automatisation des ateliers qui permettra d’améliorer la performance en production par moins de reprises manuelles notamment.

© D. R.

AQUALANDE EN CHIFFRES

150 millions d’euros : le chiffre d’affaires en 2019

Plus de 1 000 salariés dont 682 (CDI+CDD) sur les sites de Roquefort et Sarbazan

3 pôles d’activité sélection et reproduction Élevage de truites Transformation de truites

4 usines de transformation et de conditionnement (Roquefort et Sarbazan dans les Landes, Illana et Alba de Tormes en Espagne)

8 centres de sélection et de reproduction (6 en truites et 2 en poissons marins)

41 piscicultures de grossissement de truites dont 8 en élevage biologique

400 tonnes de bars et daurades royales élevés dans les Pyrénées-Orientales

4 tonnes de crevettes impériales (Panaeus Japonicus) issues des claires des marées d’Oléron.

Aqualand : 41 piscicultures

Aqualand : 41 piscicultures © D. R.

LES MARQUES

Ovive, Landvika, Aqualande Origins, Ferme marine du Douhet, Les Poissons du soleil

* La Turquie, l’Iran, la Jordanie ou encore le Koweït ont dénoncé la publication des caricatures du Prophète. Des produits sont retirés des rayons des supermarchés dans ces pays.