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Lutter contre les déserts médicaux

L’Agence régionale de santé (ARS) vient d’élargir les zones landaises dans lesquelles les médecins libéraux bénéficieront d’aides à l’installation et annonce de nouveaux dispositifs pour répondre aux attentes des jeunes praticiens.

DÉSERTS MÉDICAUX

© Shutterstock

Pour lutter contre la désertification médicale, enjeu fort dans les territoires ruraux, le nouveau zonage pour l’installation des médecins libéraux, élaboré pour trois ans par l’Agence régionale de santé (ARS) en concertation avec différents partenaires locaux*, est loin d’être neutre. Entré en application fin avril, il détermine en effet les territoires sous-dotés des Landes où les médecins libéraux bénéficieront de soutiens à l’installation, parmi lesquels une aide de 50 000 euros de l’Assurance maladie et une exonération fiscale partielle.

DISTORSION ENTRE LITTORAL ET INTÉRIEUR

« Même si le département des Landes est, en Nouvelle-Aquitaine, celui qui a vu son solde « installations/ cessations » progresser le plus en trois ans (+ 18 %, contre + 8 % en moyenne en Nouvelle-Aquitaine), avec un total de cabinets médicaux qui passe de 442 à 520, il n’en reste pas moins qu’il existe une distorsion forte entre la façade littorale et l’intérieur. La nouvelle cartographie tient compte de ce phénomène sur une partie du territoire qui représente 53 % de la population landaise », souligne Didier Couteaud, directeur départemental de l’ARS. Dans l’est du département, Aire-sur-l’Adour, Saint-Pierre-du-Mont et Mont-de-Marsan sont désormais classées en zone sous-dense alors qu’elles n’étaient pas considérées comme « fragiles » dans le précédent classement en 2018. Labouheyre, Morcenx, Mugron, Roquefort, Saint-Sever et Villeneuve-de-Marsan rejoignent Hagetmau dans les zones sous-denses prioritaires.

VERS UN CENTRE PUBLIC DE SANTÉ SUR HAUTE-LANDE-ARMAGNAC

Restait en suspens le cas de Labrit et de la Haute-Lande que Xavier Fortinon, président du conseil départemental, et Dominique Coutière, président de la communauté de communes, s’étaient insurgés en début d’année de ne pas voir intégrées dans les zones prioritaires. « Dans le respect du zonage fixé au niveau national, la phase de concertation a permis d’intégrer, les propositions d’aménagements faites par les élus et les représentants des médecins libéraux, précise Didier Couteaud. Compte tenu du rôle fédérateur sur le territoire de la Maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) de Labrit, il nous a paru judicieux d’y accompagner l’installation de médecins avec des fonds régionaux, dans le cadre du contrat local de santé à venir ». L’ARS envisage également d’expérimenter dans ce contrat local de santé, un centre public de santé qui permettra au médecin d’être salarié dans une structure hospitalière tout en exerçant en libéral. « Un dispositif qui répond à certaines demandes des praticiens ».

EN CHIFFRES

128 médecins pour 100 000 habitants, c’est la densité moyenne des médecins libéraux dans les Landes. En Nouvelle-Aquitaine, le département arrive juste derrière les Pyrénées-Atlantiques (133) et la Gironde (140), et se situe au-delà de la moyenne régionale (120) et de la moyenne nationale (105).

PROJETS DE COORDINATION MÉDICALE

Pour répondre aux aspirations des jeunes médecins, au-delà des aides financières, l’ARS insiste en effet sur la mise en œuvre d’autres leviers comme la mise en place des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). L’objectif : « Au sein des maisons de santé pluri-professionnelles ou de regroupements sur un territoire plus large, tous les médecins et professionnels de santé s’entendent pour mettre en place des pratiques professionnelles communes, des dossiers médicaux partagés et une organisation administrative permettant d’assurer des permanences, facilitant le parcours du patient. »

Parmi les projets également dans les cartons, la première mesure du Pacte national de refondation des urgences pour la fin de l’année 2022 : le Service d’accès aux soins (SAS). « Déployé en lien avec le Samu, il permettra, en cas de difficulté d’accès à un médecin constaté par un patient, d’obtenir une réponse adaptée (conseil, orientation vers un médecin disponible à proximité, accueil au service des urgences…) ».

Dans les zones en tension, les infirmier(ères) en pratique avancée pourraient également être dédié(e)s à une première consultation, en lien avec un ou plusieurs médecins. En complément, « même s’ils ne remplacent pas le contact direct », selon le directeur de l’ARS, le développement des outils de télémédecine et de téléconsultation permettrait également de faciliter la pratique.

* La préfecture des Landes, les représentants de l’Assurance maladie, les élus du territoire, les représentants des médecins libéraux, du conseil départemental de l’Ordre des médecins et du Conseil territorial de santé.

PRIORITÉ AUX COMMUNAUTÉS PROFESSIONNELLES TERRITORIALES DE SANTÉ

Dans l’objectif « de faciliter l’accès de tous à un médecin traitant et de mieux répondre aux aspirations des jeunes médecins par un décloisonnement des pratiques, et une meilleure organisation des soins pouvant libérer du temps médical », selon l’Agence régionale de santé, le bassin dacquois porte le premier projet de Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), validé par l’ARS et la Caisse primaire d’assurance maladie. Des lettres d’intention sur des projets de coordination médicale et de soins ont été formulées par les CPTS Côte-d’Argent (Mimizan), Sud-Landes, Adour-Gave (Pouillon, Amou), Adour-Chalosse-Tursan, Marsan, Adour, Haute-Lande-Armagnac. Pour couvrir l’ensemble du département, la priorité portera pour l’ARS en 2022 sur la mise en place de cette organisation territoriale sur les secteurs de Biscarrosse, Parentis-en-Born, Morcenx, Tartas, Villeneuve-de-Marsan et Montfort-en-Chalosse.