Couverture du journal du 26/11/2022 Consulter le journal

Lespiaucq Bois renaît de ses cendres

Créée à Angresse, il y a plus de 50 ans, l’entreprise Lespiaucq Bois, spécialisée en charpente et en murs à ossature bois, repart de plus belle dans un nouveau bâtiment sur le parc d’activités Atlantisud, à Saint-Geours-de-Maremne, après avoir été ravagée par les flammes en 2020. Avec un outil industriel innovant, une équipe de concepteurs confirmés et des projets.

Éric Lespiaucq, dirigeant de Lespiaucq Bois

Éric Lespiaucq, dirigeant de Lespiaucq Bois © H. R.

C’est un peu l’histoire du phénix, cet oiseau au de la mythologie grecque ressemblant à un héron landais, qui renaît de ses cendres. Le souvenir de cette terrible nuit du 14 au 15 septembre 2020, à Angresse, ne s’est bien sûr toujours pas estompé. Surtout qu’il est avéré que l’incendie, avec ses deux départs de feu et des traces de combustible, a des origines criminelles. Mais loin de couler le navire, il semble lui avoir donné des ailes. D’une part, parce que la solidarité d’autres charpentiers qui ont mis leurs machines à disposition, a fait que la production ne s’est jamais arrêtée, avec un passage transitoire sur Saubion avant l’installation à Saint-Geours-de-Maremne. D’autre part, parce qu’après une enquête serrée, les assurances ont assumé leur rôle (3,7 millions d’euros pour les bâtiments et 950 000 euros pour le matériel). Mais aussi, et certainement surtout, parce que l’entreprise cinquantenaire ayant écrit quelques belles pages de la construction bois dans les Landes et au-delà des Pyrénées, jouissait d’une solide réputation.

LE SAVOIR-FAIRE LESPIAUCQ

En 1970, Pierre Lespiaucq, compagnon maître charpentier, devenu président national de la Fédération compagnonnique, pressentant que la construction individuelle et industrielle battrait son plein sur la côte Atlantique choisit de s’implanter à Angresse. La suite lui donne raison, d’autant qu’il est l’un des premiers à maîtriser la technique du bois lamellé-collé et les calculs de la résistance des matériaux qui vont avec. Il est notamment l’auteur des Comptoirs d’Iraty, un bâtiment de 15 000 m2 et d’un autre de 6 500 m2, à Saint-Martin-d’Oney. Il n’avait que 25 ans. Le savoir-faire Lespiaucq fait également la différence pour la rénovation des bâtiments religieux espagnols, cloîtres, flèches, beffrois, à partir des fonds européens. L’époque est bénie, mais la manne se tarit dans les années 2000. Depuis, le marché se centre sur la grande Aquitaine avec des escapades à Paris, dans les îles Canaries ou à Corfou, en Grèce.

Lespiaucq

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PROCESS DE POINTE

Éric Lespiaucq, l’actuel capitaine, fils du père fondateur, est déterminé à garder le cap. Le point fort de la marque landaise, c’est sa capacité à concevoir, à imaginer des solutions en épicéa, en chêne ou en pin Douglas, adaptées aux besoins des clients, particuliers ou industriels. Aujourd’hui, le bureau d’études compte trois ingénieurs. Jérôme, 44 ans, qui a beaucoup roulé sa bosse, Julien, 34 ans, ingénieur béton repenti et Thomas, 31 ans, de l’université de Bordeaux. Ils sont secondés par Quentin, 21 ans, qui suit la formation de l’École supérieure du bois de Nantes. À coup de neurones et de logiciels spécialisés, ils inventent de l’inédit et du solide. « Nous engageons notre responsabilité, en respectant les Eurocodes, explique Éric Lespiaucq. Le bois calibré arrive souvent d’Allemagne, et les machines à commande numérique, dont une sort à peine des cartons, taillent les pièces selon quatre ou cinq axes de rotation. Le process industriel est à la pointe. Ne reste plus qu’à assembler le puzzle en trois dimensions.

Lespiaucq

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MURS FERMÉS

La deuxième spécialité de la maison, c’est la conception et le montage de murs en ossature bois. Jusqu’alors, ils étaient commercialisés ouverts, sans bardage et sans isolant. L’acquisition de nouvelles techniques et l’embauche de nouveaux salariés permettront, dans les semaines qui viennent, de proposer des murs fermés prêts à être posés. L’avenir s’annonce radieux. Ciel bleu. Pas de nuage, pas de fumée. Ils touchent du bois.

EN CHIFFRES

3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel

15 collaborateurs

4 000 m2 : la surface du nouvel atelier avec charpente

bois lamellé-collé sur 36 piliers béton, à Saint-Geours-de-Maremne

4,2 millions d’euros d’investissement sur le bâtiment et 1,2 million d’euros pour les machines

135 000 euros : l’aide de la Région Nouvelle-Aquitaine