Couverture du journal du 19/09/2020 Consulter le journal

La cure en soirée

Ils sont actifs, résident à proximité d’un établissement thermal et suivent leur cure de 18 jours après leur journée de travail. En 2018,
320 actifs ont opté pour cette solution santé qui évite de prendre sur ses vacances pour se soigner. Témoignage.

Chaque soir, pendant trois semaines, Laurent Pinaud troque sa tenue de pompier contre un peignoir pour une série de soins aux Thermes du Régina, à Dax. « Au début de la cure j’étais un peu gêné… Je ne suis pas malade, mais, avec la cinquantaine, les problèmes commencent », sourit-il. Les contraintes physiques de son métier, les disciplines sportives pratiquées, la part d’hérédité en prime, lui ont valu quelques traumatismes et plusieurs opérations des ménisques, sur lesquels l’arthrose est venue se greffer. Avec des douleurs chroniques dont l’intensité varie en fonction des changements de temps. « Vous êtes sur les jantes », a résumé le médecin thermal qu’il a rencontré au début de sa cure pour la prescription du protocole.

COCKTAIL DE SOINS

Ils sont comme lui une vingtaine, entre 30 et 50 ans, venus de l’agglomération dacquoise ou du Pays basque à avoir opté pour les soins en rhumatologie ou en phlébologie en soirée. Dans les feux de la journée finissante qui baignent la piscine à travers les baies vitrées, visages concentrés, ils sont une dizaine à suivre les directives du kinésithérapeute thermal, pour tonifier les muscles. À chaque soir, son cocktail pour Laurent Pinaud. Il enchaîne selon le programme parfaitement minuté les massages décontractants, les étuves pour les mains et les pieds afin d’améliorer la mobilité, la douche d’eau thermale ou de térébenthine issue du pin, antalgique et anti-inflammatoire, l’hydro-massage, plongé dans l’eau thermale à 40°, drainant et tonifiant, avant de savourer la sensation de chaleur du péloïde, la boue dacquoise aux vertus myorelaxantes sur les articulations douloureuses. « Comme je suis en kit, j’ai droit à un enveloppement total », plaisante-t-il.

LES SECRETS DU LÂCHER-PRISE

« Le secret est sans doute aussi dans le fait d’avoir un moment où je m’occupe de moi et où l’on s’occupe de moi. Je ne connaissais pas… On se trouve projeté dans une ambiance particulière, la sensation d’être dans un cocon. C’est devenu ma drogue passagère », confie-t-il. Un lâcher-prise, porté par une ambiance conviviale et loin de l’affluence des matinées, qu’apprécie aussi l’équipe thermale qui s’est portée volontaire.
« La prévention on n’en fait jamais assez tôt. La cure ce n’est pas que pour les personnes âgées, on y vient souvent trop tard », observe le néo-curiste qui en savoure les bienfaits. « Depuis le début de la cure, je ne prends plus le moindre antidouleur et j’arrive à gérer. Mais, je suis peut-être plus réceptif que d’autres. Le corps humain est tellement complexe… ».