Couverture du journal du 21/01/2023 Le magazine de la semaine

Emploi : le savoir-faire plutôt que les diplômes

On recrute dans l’industrie ! L’agence Pôle emploi de Boucau accueillait, le 6 octobre, une rencontre entre responsables d’entreprise et candidats à l’emploi.

© Pôle emploi

Ambiance de ruche, ce matin-là, à l’agence Pôle emploi de Boucau. Dans une des files d’attente, Anne, 25 ans, ingénieur en gestion de projets, attend son tour pour rencontrer les représentants du groupe Tolomei, spécialisé dans la maroquinerie de luxe. « J’ai déjà une expérience dans l’industrie. Je viens de Toulouse, mais je vais m’installer dans la région et ce secteur m’intéresse beaucoup », précise-t-elle. Comme Anne, des jeunes en fin d’études, mais aussi des demandeurs d’emploi de tout âge, soit une centaine de candidats, ont poussé la porte de l’agence pour venir à la rencontre de 11 industriels du Pays basque et du sud des Landes, de représentants d’organismes de formation et de collectivités, à la découverte de métiers mal connus. Mais des métiers qui recrutent.

600 POSTES À POURVOIR

Organisée par Pôle emploi et l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Adour-Atlantique, cette demi-journée de rencontres s’est tenue dans un contexte économique inédit. Selon les chiffres de l’UIMM, 600 offres d’emploi dans les Pyrénées-Atlantiques et le Seignanx sont actuellement à pourvoir. « L’embellie économique notamment du secteur aéronautique nous permet de projeter quelque 800 offres d’emploi à pourvoir en Pyrénées-Atlantiques », souligne la fédération patronale. À l’agence Pôle emploi de Boucau, la directrice, Martine Vedrenne, fait le même constat, avec un taux de chômage passé en dessous de la barre des 6 % et le nombre de recrutements en hausse de 11 % sur un an. La tension sur le plan du recrutement a cela de positif qu’elle invite à la créativité. Les entreprises qui font assaut de séduction pour susciter des vocations et déconstruire certains clichés. Gaétan, Tarnosien de 20 ans, titulaire d’un BTS en conception des processus de réalisation de produits, a été captivé par le discours des représentants des deux entreprises tarnosiennes qu’il vient de rencontrer, pourtant dans des secteurs très différents : Timac Agro dans l’agroalimentaire et Mécadaq dans l’aéronautique : « Ils ont super bien pitché leur entreprise. » Il a laissé son CV et se réjouit même de voir qu’une des entreprises se trouve non loin de son domicile, lui qui n’a pas encore son permis.

BELLES HISTOIRES

Animée par Myriam Milin-Audren, l’équipe de conseillers de Pôle emploi, accueille un public, dont certains font partie des demandeurs d’emploi qu’ils accompagnent. En partenariat avec les entreprises et les collectivités, ils déploient une batterie d’outils pour déceler des talents qui ne demandent qu’à se révéler. Parmi ceux-là figure la méthode de recrutement par simulation (MRSQ). Autrement dit des tests ciblés qui peuvent faire apparaître de manière très concrète une aptitude à effectuer un travail de précision. Une fois détecté un potentiel, la période de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP), sorte de stage d’observation, peut permettre de conforter ou pas ce choix. Beaucoup de sigles, mais surtout de belles histoires dont les conseillers Vanessa, Jean-Michel, Julien ne sont pas avares. Comme celle de ce jeune homme qui a découvert que les métiers de la fonderie étaient loin de l’image qu’il s’en faisait et en est devenu le meilleur avocat auprès de ses copains, convaincus aussi par des arguments de salaire et conditions de travail.

Quant aux demandeurs d’emploi, eux aussi sont prêts à des reconversions à 180 degrés. Brian, Landais de 42 ans, après avoir dit stop à la pression permanente d’un poste à responsabilité dans la logistique, se dit attiré par les métiers de l’industrie auxquels il est décidé à se former et attend son tour devant le stand de l’entreprise The Gill Corporation qui fabrique des nids d’abeille pour l’industrie à Anglet. La responsable des ressources humaines l’assure : « Notre ouverture aux profils est très large. On recherche des aptitudes, du savoir-être plutôt que des CV ou des diplômes. »