Couverture du journal du 06/06/2024 Le nouveau magazine

BNI : l’efficacité comme credo

Premier réseau d'affaires dans le monde, BNI rassemble près de 20 000 entrepreneurs en France. À Peyrehorade, le groupe des Kiwinners se développe depuis fin 2020.

© Lisa Sarrade

Dans le monde des réseaux d’affaires, le BNI (Business network international) élève le réseautage au rang de science. Le modèle, créé en 1985 en Californie, ne se présente pas comme un club d’entrepreneurs, mais comme une « méthode structurée pour aider les professionnels à bâtir un solide réseau favorisant le développement de leur chiffre d’affaires ».

Quand on s’engage dans un groupe BNI, c’est qu’on veut des résultats… Et qu’on est prêt à se démener pour que ses co-membres en obtiennent également. Car le « marketing de la recommandation » développé par BNI repose sur le principe du « qui donne reçoit ».

En près de 40 ans, le concept a séduit plus de 300 000 membres à travers le monde, dont près de 20 000 en France, répartis dans quelque 730 groupes. Celui de Peyrehorade, baptisé Les Kiwinners en référence au fruit emblématique de la ville, est né en novembre 2020, sous l’impulsion de Christelle Darricau, conseillère en gestion de patrimoine.

RÉUNIONS HEBDOMADAIRES

Lisa Sarrade, coach professionnelle pour dirigeants, managers et salariés, l’a intégré en juillet 2023. « J’étais en phase de démarrage. J’y ai vu un moyen d’accélérer rapidement le développement de mon réseau et d’aller chercher des prescripteurs pour mon activité. Contrairement à d’autres clubs plus informels, ici on vient chercher l’efficacité d’une méthode éprouvée. »

La professionnelle ne cache pas que la première réunion BNI à laquelle elle a assisté ne l’a pas tout à fait convaincue. « Mais j’ai vite compris que ce n’était pas tant le concept que l’énergie du groupe qui ne me convenait pas. Alors, j’ai continué à en tester plusieurs jusqu’à ce que je rencontre les Kiwinners. Constitué d’une vingtaine de membres, il compte de nombreux professionnels du bâtiment, mais aussi de la vente et du service à la personne, de l’immobilier, des ressources humaines et de la formation, de la finance, du bien-être, du conseil et des services aux entreprises. « Je m’y suis sentie si bien accueillie que je n’hésite pas à faire 40 minutes de route pour assister à la réunion hebdomadaire ! »

Chaque jeudi de 7 h à 9 h, l’ordre du jour est précis et chronométré. Après quelques échanges informels et l’accueil des invités autour d’un petit-déjeuner, la rencontre commence par une présentation du groupe et du BNI. Suit un moment « d’éducation » visant à améliorer les performances commerciales et les recommandations des membres. Puis, chacun dispose de 45 secondes pour faire son « informercial » : un pitch dans lequel il présente son activité et son actualité. Un autre tour de table donne l’occasion aux adhérents d’annoncer le chiffre d’affaires qu’ils ont pu générer pour eux et les autres membres. Chaque semaine, l’un d’eux a également l’opportunité de donner une conférence de 10 minutes pour valoriser ses compétences.

© Lisa Sarrade

© Lisa Sarrade

IMPLICATION INDISPENSABLE

Pour beaucoup d’entrepreneurs, le principal frein à l’adhésion au BNI reste son prix : entre 1 000 et 2 000 euros par an, en fonction de la durée d’engagement. « Mais s’arrêter au tarif, sans comprendre tout ce qu’il recouvre, serait une erreur », assure Lisa Sarrade. Car outre les rencontres hebdomadaires et la force d’un réseau mondial, BNI propose de multiples formations via une plateforme d’e-learning et de nombreuses ressources en ligne. Dans les deux premiers mois de leur adhésion, les membres ont accès aux fondamentaux de la méthode BNI qui doivent leur permettre un retour sur investissement dès leur première année de participation. « Il est plus ou moins rapide selon les corps de métiers, tempère Lisa Sarrade. Un ostéopathe qui facture sa consultation 60 euros mettra peut-être plus longtemps. Mais un maçon qui vend une seule dalle amortit d’un coup les années qu’il n’a pas encore payées ! »

L’investissement essentiel que demande BNI, c’est l’implication personnelle. « Pour qu’un groupe performe, chacun doit apporter sa dynamique. » Pour inciter les membres à s’engager, de nouvelles responsabilités leur sont confiées tous les six mois. Président, vice-président, secrétaire-trésorier, mais aussi responsable de l’accueil, chargé des invités, coordinateur éducation… les rôles sont tournants. « Tout ça mis bout à bout permet de gagner en compétences. On apprend à mieux parler de notre activité, à être percutants dans nos messages. C’est ce qui fait du BNI un propulseur de réseau et de chiffre d’affaires. »

BNI pratique

Comment ça marche ?

Chaque groupe assure une exclusivité de métier à ses membres. Chez les Kiwinners les réunions ont lieu tous les jeudis de 7 h à 9 h au club-house du rugby de Peyrehorade. Outre la nécessité de recommander activement ses co-membres au quotidien, les adhérents se voient confier, tous les six mois, de nouvelles responsabilités pour la bonne marche du groupe.

Le nombre d’adhérents

Les Kiwinners comptent actuellement 20 membres et en visent cinq de plus d’ici le mois d’octobre. BNI Adour, qui regroupe les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées, totalise 27 groupes actifs, six en création et plus d’une vingtaine en projet.

Combien ça coûte ?

Après un droit d’entrée unique de 500 euros, les membres peuvent s’engager sur un an pour 1 395 euros, deux ans pour 2 495 euros ou cinq ans pour 4 995 euros.

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