Si tout semble opposer Félix Arnaudin (1844-1921), attaché à sa Grande Lande natale et à la chambre photographique sur plaques de verre, et Marvin Bonheur, né en 1991 en banlieue parisienne, adepte, avec son 35 mm argentique, d’une esthétique urbaine et de cadrages qui n’appartiennent qu’à lui, leurs démarches se rejoignent autour d’une même meurtrissure : celle de voir leur territoire d’origine réduit à des représentations caricaturales. Jusqu’au 22 août, avec l’exposition Du côté de chez moi, la Maison de la photographie des Landes a choisi de mettre en miroir l’œuvre du photographe, écrivain et ethnologue qui documentait la lande menacée par l’enrésinement du Second Empire et celle de Marvin Bonheur qui, confronté aux fantasmes parisiens sur son neuf-trois natal sans rapport avec les souvenirs qu’il en gardait, « a décidé de s’acheter un appareil photo pour documenter son biotope, de repartir chez lui pour rendre compte le plus honnêtement possible du milieu qui l’avait vu grandir, à quelques pas de l’appartement familial », retrace Matthieu Sartre, directeur artistique de la Maison.
Maison de la photographie des Landes — 36 rue Félix-Arnaudin à Labouheyre, ouverte les mercredis, jeudis et samedis de 14 h 30 à 18 h