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Féminisation – L’objectif de 40 % de directrices dans les grandes entreprises est « atteignable », selon Patrick Martin (Medef), en visite à Dax

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, le président du Medef, Patrick Martin, est venu visiter quatre jours plus tôt, le campus de l’établissement privé Saint-Jacques-de-Compostelle à Dax, sur le thème de la féminisation des métiers scientifiques, techniques et technologiques, entre échanges avec des étudiantes et table ronde avec des dirigeantes dont Julie Neuville (Materrup), Christelle Mittelstadt (Mitaland Transports) ou encore Élodie Modelet, enseignante-chercheuse bioqualité.

Patrick Martin, Medef

Patrick Martin sur le campus de Saint-Jacques-de-Compostelle à Dax © Julie Ducourau

Se surmotiver

Interrogé sur la loi Rixain, votée en 2021, qui a instauré depuis le 1er mars une obligation de 30 % de femmes dans les instances de direction des entreprises de plus de 1 000 salariés, un quota porté à 40 % à partir de mars 2029, il a estimé que c’était « un objectif atteignable ». Mais ce sera « difficile à atteindre dans certains secteurs d’activité », comme la sidérurgie, l’industrie cimentière ou les travaux publics « où les populations de femmes sont moindres » que dans les secteurs de la communication ou du luxe, a-t-il ajouté, « raison de plus pour se surmotiver ». En 2025, selon l’observatoire Skema de la féminisation des entreprises, les instances dirigeantes des groupes du CAC 40 comprenaient 29 % de femmes.

Patrick Martin a mis en avant sa mobilisation sur le sujet, notamment via les clubs Femmes du Medef dont le 40e a ouvert en Béarn ce 5 mars. « Il y en aura 50 d’ici l’été », a assuré à ses côtés Patricia Vialle, codirigeante de l’entreprise de plumes et duvets Abel Crabos à Saint-Sever, présidente du Medef des Landes et responsable nationale du réseau Femmes du syndicat patronal.

Moyen-Orient : De l’inquiétude mais pas de panique

Interrogé sur la situation au Moyen-Orient et ses conséquences économiques, Patrick Martin a par ailleurs dit son « inquiétude. Mais il n’y a pas de panique. » Avec une hausse du prix du gaz à déjà + 40 %, et du pétrole à + 20 %, « il peut avoir des conséquences directes lourdes sur les rentabilités des entreprises », a-t-il estimé, relevant que pour l’instant, « l’impact est très sectoriel », notamment dans la chimie, l’aluminium ou le transport routier, très consommateurs d’énergie.

Selon le patron du Medef qui faisait là sa première réaction depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, « les chefs d’entreprise sont déjà tendus » avec un « budget 2026 qui ne correspond pas aux exigences économiques et à la crise internationale » (guerre en Ukraine, offensive commerciale de la Chine et tarifs douaniers des Etats-Unis) et « beaucoup d’entre eux posent le crayon en se disant qu’il est urgent d’attendre. »

Contrairement à l’Ukraine où des entreprises landaises comme Maïsadour sont présentes, « nous n’avons à ce jour pas eu de demandes particulières dans les Landes » concernant le Moyen-Orient, a précisé Patricia Vialle. « Il y a en revanche des containers bloqués et nous suivons avec attention la situation. »

Patrick Martin, Medef

Lors de la table ronde sur la féminisation des métiers scientifiques, techniques et technologiques © Medef