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Fédération des Cuma 640 : mutualiser pour résister

Le mouvement des Cuma (coopératives d'utilisation de matériel agricole) a fêté ses 80 ans en 2025. Depuis Haut-Mauco, la Fédération Landes, Béarn et Pays basque accompagne les agriculteurs dans la mécanisation partagée, l'emploi, les ateliers collectifs de transformation, les projets énergétiques ou encore l'émergence de nouvelles filières.

La Fédération des Cuma 640 a tenu son assemblée générale le 13 février à Pontonx-sur-l'Adour. © D. R.

En six ans, le coût des matériels agricoles a fortement augmenté. Selon le type de machines, la hausse atteint entre 20 % et 80 %. Dans un contexte déjà fragilisé par des aléas climatiques et sanitaires à répétition, cette flambée des prix vient alourdir encore davantage des trésoreries souvent mises à rude épreuve. 

Pour diminuer leurs charges de mécanisation, les exploitants peuvent faire appel à des coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma). Le mouvement, qui a fêté ses 80 ans en 2025, s’appuie sur des groupes d’hommes et de femmes qui investissent ensemble dans du matériel et s’organisent pour utiliser ces équipements sur chacune de leurs exploitations. Dans les Landes, le Béarn et le Pays basque, la Fédération des Cuma 640, basée à Haut-Mauco, en regroupe 373 pour près de 10 500 adhérents (dont 213 Cuma et 4 600 adhérents pour les seules Landes). Un chiffre qui se maintient à un niveau stable, malgré la baisse continue du nombre d’exploitations. « Pour beaucoup d’agriculteurs, la mécanisation partagée est devenue systématique, car l’investissement individuel est inaccessible, a souligné Fabrice Casteraa, président de la Fédération des Cuma 640, lors de l’assemblée générale de la structure, le 13 février à Pontonx-sur-l’Adour. Cela confirme l’attractivité de notre modèle et son rôle structurant pour les exploitants du territoire. »

Des activités diversifiées

Réduire les Cuma à un simple « lieu de partage de matériel » serait pourtant une erreur, selon Richard Finot, directeur de la Fédération. « Si l’achat en commun et l’utilisation partagée de matériels agricoles constituent toujours le socle historique des Cuma, les activités portées par les groupes se sont largement diversifiées au fil des années. » Elles intègrent aujourd’hui la mise en commun de main-d’œuvre, le développement d’ateliers de transformation, tant pour les productions végétales qu’animales, la création d’ateliers d’entretien et de réparation de matériels, et aussi des unités de production d’énergie collective telles que des méthaniseurs agricoles ou des hangars photovoltaïques. À cela s’ajoutent des outils de séchage, de stockage, de tri des productions végétales, ainsi que des dispositifs au service de nouvelles filières en émergence ou en structuration (noisette, chanvre, légumes, farine…).

Portée et animée par la Fédération, la Cuma Agro Innovation 640 a ainsi pour vocation d’expérimenter et d’incuber de nouvelles activités en complémentarité avec les Cuma locales. À ce jour, elle propose notamment le toastage du soja, l’écimage des cultures, le triage des graines ou encore le fauchage-andainage. L’activité de semis direct de couverts végétaux a été arrêtée en 2024, car elle a été progressivement reprise par des Cuma. Mais de nouveaux projets sont en cours de déploiement, comme une unité mobile de lavage par ultrasons pour les équipements d’élevage ou un refroidisseur mobile de céréales.

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Un maillage sous tension

Malgré ce dynamisme, les Cuma souffrent, elles aussi, du contexte agricole morose. La baisse du nombre d’exploitations entraîne une adaptation inévitable de leur maillage territorial. Certaines sont dissoutes, par manque d’adhérents, d’autres fusionnent pour rationaliser leurs coûts de gestion. En 2025, celle de Saint-Vincent-de-Tyrosse a ainsi disparu, tandis que celles de Labastide et Betbezer, en Armagnac, se sont rapprochées. « Il reste essentiel de continuer l’accompagnement des groupes pour les consolider, les maintenir actifs et parfois les redynamiser », insiste Richard Finot.

Le crédit d’impôt mécanisation collective, adopté le 23 janvier dernier, devrait apporter une bouffée d’air frais aux structures. Il permettra aux adhérents de récupérer jusqu’à 3 000 euros sur le montant de leurs factures Cuma. « Pour notre territoire, cela devrait représenter a minima un million d’euros de crédit d’impôt et près de 3 000 bénéficiaires. »

Un nouveau siège à Haut-Mauco

Depuis le 24 juin dernier, la Fédération des Cuma 640 a quitté son siège historique de Mont-de-Marsan pour rejoindre l’Agrocampus II à Haut-Mauco. Moderne et fonctionnelle, la nouvelle Maison des Cuma s’étend sur 360 m² au cœur de la zone Agrolandes.