Couverture du journal du 19/09/2020 Consulter le journal

Tourisme – Plages : l’enjeu de l’été

Si les mesures du déconfinement des Français sont désormais connues, les acteurs du tourisme devront attendre fin mai pour connaître les modalités de réouverture. Dans les Landes, le verdict sur l'ouverture des plages est au centre des préoccupations.

La Nouvelle-Aquitaine comme « terre d’expérimentation pour une ouverture raisonnée et raisonnable, mais une ouverture effective des entreprises touristiques » ? En amont du plan de déconfinement départementalisé annoncé par Edouard Philippe le 28 avril, c’était déjà le vœu formulé par Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, le 24 avril, à l’issue des échanges avec Jean-François Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et les acteurs du tourisme régionaux sur le plan de relance de la filière. Si le renforcement des mesures de soutien redonne un peu d’oxygène aux professionnels durement frappés par les fermetures administratives, ils devront encore patienter jusqu’à fin mai pour connaître les modalités de réouverture.

Même tarif pour les plages : « Elles resteront fermées au moins jusqu’au 1er juin », a affirmé le Premier ministre, le 28 avril. L’attente du verdict s’annonce longue dans les  Landes où 70 % des touristes viennent pour elles et 90 % les placent sur le podium de leurs trois premières motivations. « Pour moi, l’ouverture des plages est vitale. Si elles restent blanches, la saison sera sombre. Nous avons les plus vastes plages d’Europe, nous devons impérativement avancer des solutions pour garantir leur fréquentation en toute sécurité », observe François Lafitte, président de la CCI des Landes. Si le Syndicat mixte de gestion des baignades landaises a  déjà présenté à la préfecture ses solutions pour éviter une trop forte concentration des touristes sur les plages, et sur les conditions de sécurité sanitaire aussi bien pour les nageurs sauveteurs que les baigneurs, l’exécutif reste prudent. « Un certain nombre de prérequis sanitaires et de protocoles sont effectivement en cours d’instruction par la mission de Jean Castex sur le déconfinement. Elle observe actuellement les expériences étrangères », a précisé le Jean-François Lemoyne. Avant de citer l’Australie qui a choisi de rouvrir ses plages en autorisant les activités aquatiques, sans « stationnement » ou Ostende en Belgique qui envisage leur division en zones délimitées pour réguler l’afflux des vacanciers et de développer une application « pass plage » qui permettrait de réserver l’espace pour sa serviette.

PROMOTION « PAS DE GUERRE DES DESTINATIONS EN 2020 »
« Dans la mesure où le tourisme français va être le moteur essentiel de cette saison estivale, dès que les conditions sanitaires le permettront, je crois qu’il est important de ne pas se lancer dans une guerre des destinations », avance le secrétaire d’État, Jean-François Lemoyne. Rejoint par Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, il préconise plutôt une campagne nationale d’information sur les précautions et les mesures sanitaires prises par les différents établissements. Pour la saison 2021, les Landes planchent actuellement sur une stratégie de communication territoriale. Et la marque « Landes, terre des possibles », lancée le 14 février dernier, avant que la crise sanitaire n’entraîne les fermetures d’établissements et les annulations en série, pourrait s’avérer particulièrement bien choisie.

LES MESURES POUR SÉCURISER LA REPRISE
Le gouvernement a annoncé, le 24 avril, le renforcement des mesures du plan d’urgence économique en direction du secteur du tourisme, de l’événementiel, du sport et de la culture. Elles passent notamment par le maintien de la possibilité de recourir à l’activité partielle après la reprise d’activité et une exonération de cotisations sociales pour les TPE et PME pendant la période de fermeture de mars à juin. Le fonds de solidarité restera ouvert aux entreprises de ces secteurs au-delà du mois de mai et sera élargi aux entreprises de 20 salariés (contre 10 salariés auparavant) et 2 millions d’euros de chiffre d’affaires (contre 1 million d’euros). Le plafond de subvention est quant à lui porté de 5 000 euros à 10 000 euros. Sur le plan fiscal, le gouvernement a annoncé le report de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et l’exonération de la part forfaitaire de la taxe de séjour au titre de l’année 2020, dont les modalités devraient prochainement être évoquées avec les collectivités. Les loyers et les redevances d’occupation du domaine public dus aux bailleurs nationaux (État et opérateurs) pour les TPE et PME de ces secteurs seront annulés pour la période de fermeture administrative. Un guide pratique sera établi à destination des collectivités territoriales qui souhaiteraient
faire de même. Des discussions avec les banques sur la suppression des intérêts sur le report des échéances bancaires de six mois et avec les assurances sur la compensation de la perte d’exploitation ont également été annoncées.