Mi-janvier, Sourcéo rouvrait ses portes à Saint-Paul-lès-Dax, donnant le coup d’envoi d’une nouvelle saison pour le groupe Thermes Adour dont les cinq autres établissements du Grand Dax redémarreront courant février et mars. Une reprise sous le signe de la réassurance pour Maxime Vilgrain, président du groupe Arenadour (Thermes Adour, les thermes des Fumades (Gard), de Luchon (Haute-Garonne) et d’Amnéville (Moselle)), qui a tenu à marteler un message clair : « La prise en charge des cures thermales est intégralement maintenue pour 2026. »
Attentisme pour le début de saison
Car après les débats nationaux de fin 2025 sur le remboursement du thermalisme, « beaucoup de curistes nous ont appelés avec des questionnements et nombreux sont ceux qui ne se sont pas encore positionnés », explique-t-il. Résultat : un retard dans les réservations 2026, estimé entre 12 et 14 %, que le président considère davantage comme « un décalage qu’un recul définitif ».
En 2025, les établissements landais du groupe ont déjà accusé une baisse de fréquentation de 5 % par rapport à l’année précédente – plus marquée sur les établissements de Dax que de Saint-Paul-lès-Dax -, avec 18 400 cures thermales conventionnées de trois semaines. Les courts séjours non remboursés par la Sécurité sociale (720 personnes en 2025) sont, eux, en forte progression, et le parcours spa piscine ludique de Sourcéo atteint une « fréquentation historique » avec 195 000 entrées sur l’année et 12 500 soins.
Conscient que les chiffres de cures conventionnées d’avant-covid ne seront sans doute plus retrouvés, Thermes Adour développe de nouveaux programmes. « Dans le contexte actuel de développement des maladies chroniques, de vieillissement de la population et d’augmentation de l’obésité, le thermalisme a toute sa pertinence », souligne Marianne Herreria, directrice des opérations. Parmi les initiatives, le programme post-cancer du sein propose un accompagnement de 12 jours aux femmes en rémission (soins thermaux le matin, suivi psychologique, esthétique, nutritionnel et activité physique l’après-midi).
Projets en quête de financement
L’an dernier, le groupe a lancé le programme Icope, un dispositif de médecine préventive destiné aux plus de 70 ans, déployé avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Gérontopôle de Toulouse. À l’établissement de Christus, 260 curistes volontaires ont ainsi bénéficié d’une consultation de prévention analysant leurs habitudes de vie : audition, vision, mobilité, équilibre mental, capacités cognitives… pour détecter des fragilités et « éviter qu’elles ne se transforment en dépendance », avec un suivi par les infirmières trois mois après la cure.
Dans la même logique, le programme Prévichute, combinant tests physiques et intelligence artificielle, travaille à identifier les « chuteurs précoces » et mettre en place des actions de prévention ciblées.
Deux autres projets sont actuellement en recherche de financement. Le projet Protect, validé par l’Afreth (association française pour la recherche thermale), vise à démontrer l’impact d’une cure thermale de 18 jours fractionnée sur trois mois. Destiné aux professionnels de santé dans une démarche de qualité de vie au travail, il doit être lancé ce printemps avec le personnel de l’hôpital de Dax, comparé en miroir à celui de Mont-de-Marsan qui ne bénéficiera pas de soins thermaux. Une démarche qui pourrait s’étendre à terme à d’autres profils, comme dans le bâtiment par exemple.
Autre nouveauté : la « cure solo » pour lutter contre l’isolement. Ce programme, développé avec des résidences services et le cluster thermal régional Aqui Ô Thermes, propose des « services sécurisants (accueil à la gare, formule hôtelière adaptée, repas partagés…) pour donner envie à des personnes seules qui parfois renoncent à se déplacer une fois veuves, de continuer à profiter des bienfaits du thermalisme ».
De nouveaux publics
Le groupe diversifie également ses publics. Après la venue de résidents du Village Alzheimer aux thermes Regina, Thermes Adour s’ouvre en parallèle aux jeunes sportifs avec le pôle espoir basket de la ligue Nouvelle-Aquitaine. En lien avec un médecin thermal et le médecin des équipes, des collégiens basketteurs de l’établissement privé Saint-Jacques-de-Compostelle bénéficient de soins de repos au retour de vacances, entre bains thermaux et détente musculaire. Si le test est concluant, Thermes Adour pourrait le proposer à d’autres clubs sportifs.