Couverture du journal du 01/03/2026 Le nouveau magazine

So Wash : le pari du nettoyage photovoltaïque

Adolescent, il rêvait de chevaux. Aujourd'hui, à la tête de So Wash qu’il a créée l’an dernier à Saubrigues, Justin Ubaud mise sur le lavage de panneaux solaires avec ses robots nettoyeurs à l’eau déminéralisée, afin d’optimiser leur rendement. 

JUSTIN UBAUD, So Wash

© Julie Ducourau

À 16 ans, passionné par le monde équestre, le jeune Toulousain aux attaches marseillaises et landaises part en apprentissage chez son cousin Antoine Le Pape, des écuries Le Pape à Saint-Paul-lès-Dax. Suivront un bac pro, un monitorat d’équitation, une formation aux jeunes chevaux entre Tulle, Bordeaux, Nantes et Rambouillet, avant une année du côté de Manchester, toujours dans le milieu. À son retour d’Angleterre, Justin Ubaud préfère finalement reprendre ses études et décroche une licence en commerce marketing. C’est en tant que commercial dans le secteur pharmaceutique puis dans une entreprise basque spécialisée dans le photovoltaïque qu’il sillonne la région. 

Pilotage radiocommandé 

Commercial pour les départements des Pyrénées-Atlantiques et des Landes, il s’installe d’abord à Bayonne, puis à Bidart avec sa compagne, kinésithérapeute à Capbreton. Le désir de fonder une famille et d’acheter une maison les conduit à Saubrigues, où les prix immobiliers sont plus accessibles. « Là, je me suis rendu compte que j’avais vraiment envie d’entreprendre depuis un moment », rembobine-t-il. Fort de son expérience commerciale et de son réseau dans les énergies renouvelables, il lance So Wash en février 2025, et le local qu’il trouve à Saubrigues est celui d’un ancien client précédemment démarché pour des panneaux photovoltaïques.
Poussières, pollen, feuilles et résidus en tout genre… Le nettoyage de panneaux solaires n’est pas une simple question d’esthétique. « Si le panneau est sale, il produit moins bien, jusqu’à 20 % de rendement en moins, et l’encrassement peut créer des défauts électriques », assure Justin Ubaud qui s’est bien intégré dans ce marché pas encore très concurrentiel dans les Landes. 
L’investissement initial s’élève à 110 000 euros, dont 90 000 euros financés par emprunt. Un budget qui inclut l’achat de deux robots de nettoyage, des perches télescopiques en carbone avec bras rotatif, et un véhicule équipé d’un système de purification d’eau.

Déjà deux embauches 

Côté méthode, il s’agit de poser directement sur la toiture le robot radiocommandé, le piloter comme une voiture téléguidée, pour assurer le nettoyage à l’eau déminéralisée à température ambiante, ce qui garantit un séchage sans résidus. « Il est très rare qu’on utilise autre chose. Seuls les champignons installés trop longtemps nécessitent des produits spécifiques certifiés », précise-t-il, en spécialiste également du nettoyage de toitures, terrasses et façades avec un procédé vapeur basse pression.
Aujourd’hui, sa clientèle se compose à 90 % de professionnels – agriculteurs et industriels – et à 10 % de particuliers. Justin Ubaud travaille notamment beaucoup en sous-traitance pour des grosses entreprises de maintenance photovoltaïque. « On a signé pas mal de contrats de maintenance, c’est important pour avoir du volume et on développe aussi la partie particuliers », assure celui qui nourrit déjà d’autres projets entrepreneuriaux.

JUSTIN UBAUD, So Wash

Lavage de panneaux photovoltaïques avec robots et nettoyage de toitures et façades à la vapeur sont les principales activités de So Wash. © D. R.

Les défis de l’entrepreneuriat

« Ce qui est compliqué, c’est la visibilité sur les chantiers à venir, juger la quantité de travail qu’on va avoir », reconnaît Justin Ubaud. Mais les résultats sont là : « La première année a dépassé les prévisions. Je travaillais parfois avec un autoentrepreneur, mais en début d’année, j’ai pu embaucher deux personnes en CDI pour la partie opérationnelle. »
Accompagné au départ par Initiative Landes qui lui a accordé un prêt d’honneur et par un ami expert-comptable pour la partie prévisionnelle, le gérant insiste sur l’importance de la prise de décision dans l’entrepreneuriat : « C’est le plus important. On doit en prendre souvent, même sur une petite structure. Quand on entreprend, il faut savoir trancher. »
Son conseil aux futurs entrepreneurs ? « Y croire et être débrouillard ! Quand j’ai démarré, même si j’avais des contacts, j’avais peu de chiffres assurés au début, et je n’étais pas serein. Mais j’y ai cru, j’ai beaucoup travaillé les réseaux et les interactions avec les gens. Et on nous a fait confiance ! »