Couverture du journal du 01/10/2022 Consulter le journal

Satel, accompagner l’attractivité : entretien avec Olivier Martinez, président, et Frédéric Dassié, directeur de la Satel

La Société d’aménagement des territoires et d’équipement des Landes (Satel) chapeaute la toute nouvelle foncière de revitalisation Vitalandes pour aider les communes à rendre leurs bourgs plus attractifs. Entretien sur les différents métiers de la Satel, avec son président, Olivier Martinez, et son directeur, Frédéric Dassié.

Satel

La Région Nouvelle-Aquitaine confie des travaux dans les lycées landais à la Satel, comme ici les lycées Sud-Landes (Saint-Vincent-de-Tyrosse) et Frédéric-Estève (Mont-de-Marsan) ci-dessus © Satel

Les Annonces Landaises : La Satel a 60 ans cet automne, quelles sont ses missions ?

Olivier Martinez : Lors de sa création, en octobre 1962, c’était une société d’aménagement touristique qui a travaillé notamment en lien avec la Miaca, la mission interministérielle pour l’aménagement de la côte aquitaine. Peu à peu, ses missions se sont diversifiées et sa vocation est aujourd’hui de contribuer à un développement territorial harmonieux, socialement équitable, économiquement viable et respectueux de l’environnement. La Satel étudie, construit, aménage, gère et commercialise des projets immobiliers pour le compte des collectivités locales, de l’ingénierie technique et administrative à la viabilisation de foncier, du pilotage de chantier à la livraison en parfait achèvement.

Frédéric Dassié : Nous avons deux métiers, la construction et l’aménagement. Selon les cas, nous intervenons en assistance à maîtrise d’ouvrage ou en pleine maîtrise d’ouvrage. Nous sommes capables de réaliser tous types de bâtiments publics, mairies, écoles, Ehpad, lycées. Tous les quatre ans depuis plus de 15 ans, la Région Nouvelle-Aquitaine nous confie notamment la gestion de ses investissements dans les lycées des Landes. Plutôt que d’avoir des ingénieurs et techniciens délocalisés pour gérer son patrimoine, elle délègue cette mission à un prestataire et nous répondons à cette consultation sur un marché concurrentiel. Actuellement, ce sont trois opérations à 15 millions d’euros sur les lycées de Parentis-en-Born, Morcenx et Saint-Paul-lès-Dax. Nous développons également de plus en plus d’opérations immobilières complexes et à risques, au même titre qu’un promoteur privé, mais toujours avec un intérêt général sous-jacent et dans le cadre d’une commande politique exprimée.

Olivier MARTINEZ, président de la Satel et Frédéric DASSIÉ, directeur de la Satel

Olivier MARTINEZ, président de la Satel et Frédéric DASSIÉ, directeur de la Satel © J. D.

LAL : Quel est votre rôle en matière d’aménagement ?

F.D. : Nous intervenons auprès des communes landaises pour porter, à leur place, des lotissements communaux. Cela peut aller d’un ensemble de 10 lots dans une petite commune de Chalosse jusqu’à refaire tout un quartier, comme à Ondres avec 500 logements sur 12 hectares ou à Biscarrosse avec 800 logements sur 50 hectares. L’autre volet est le développement de parcs d’activités économiques ayant un rayonnement départemental, voire régional, tel Atlantisud à Saint-Geours-de-Maremne.

O.M. : Notre volonté est d’être garant des solidarités territoriales et de l’équité du territoire. Pour les petites communes qui nous sollicitent, ce sont de grosses opérations. On leur livre clef en main le dossier avec toutes les analyses techniques, les cahiers des charges, jusqu’à la gestion des travaux. La commune ne se soucie pas d’investissement, on investit à sa place, si on doit mobiliser l’emprunt, on le fait. Ce n’est pas du tout la même problématique quand on parle de 10 lots ou de 500, mais le service est le même jusqu’au produit fini. Notre réussite se mesure quand tous les lots sont vendus.

C’est la politique du temps long qui fonctionne en matière d’aménagement et de développement économique

LAL : Il y a parfois des loupés comme sur le lotissement d’Aire-sur-l’Adour qui ne se vend pas…

O.M. : Ça a démarré en 2009, on fait le dos rond, on attend. Au fur et à mesure des évolutions législatives, avoir de l’habitat dispersé ne va plus être accepté, les gens y viendront. Heureusement que ces problèmes sont rares, sinon nous n’équilibrerions pas nos comptes à la fin de l’année. C’est la diversité de notre volume d’affaires qui nous permet de pouvoir intervenir sur des territoires peu dynamiques. Nous sommes une société financièrement saine qui a accusé un léger déficit il y a neuf ans mais qui est, depuis, toujours en positif, avec un équilibre atteint à 1,7 million d’euros.

LAL : Qu’en est-il de l’axe de développement économique ?

F.D. : Nous sommes sur de belles années. Nous avons déminé des sujets conséquents au milieu des années 2000, sur les parcs d’activités à Atlantisud à Saint-Geours-de-Maremne, Sud Landes à Hastingues ou Souspesse et Northon sur le Seignanx. Nous y sommes allés car les élus départementaux et communautaires nous ont demandé d’acheter des terrains, de faire des travaux, de viabiliser. En clair d’anticiper ! Aujourd’hui, nous avons du foncier disponible. Quand de nouveaux porteurs de projets nous disent : « Quand est-ce qu’on peut venir ? » et qu’on leur répond : « Là, tout de suite ! », ils sont surpris car c’est rare.

O.M. : Nous devenons le déversoir économique de la métropole bordelaise au nord des Landes et du BAB (Bayonne-Anglet-Biarritz) au sud. Une multitude d’entreprises qui cherchent des terrains viennent les trouver ici. Il faut saluer la pertinence et la clairvoyance d’avoir aménagé des dizaines d’hectares sur des terrains pas chers. Aujourd’hui, sur l’ensemble des parcs d’activités, nous avons 75 hectares de terrains disponibles, d’Atlantisud au Seignanx, d’Hastingues à Haut-Mauco. À Atlantisud par exemple, en 2021, 9 hectares ont été commercialisés. On en prévoit 15 en 2022 et 20 en 2023. À ce jour, 56 terrains pour une superficie de 65 hectares ont été vendus, 25 sont sous compromis de vente. Sur 38 autres hectares, des candidats se présentent au comité de sélection qui choisit qui peut y entrer ou pas. Au final, il ne reste que 26 hectares. On réfléchit déjà à une extension sur la partie est de l’A63. C’est la politique du temps long qui fonctionne en la matière.

Aujourd’hui sur l’ensemble des parcs d’activités, nous avons 75 hectares de terrains disponibles

Le technopôle Agrolandes à Haut-Mauco est dédié à la filière agroalimentaire Satel

Le technopôle Agrolandes à Haut-Mauco est dédié à la filière agroalimentaire © N. B.

LAL : La Satel chapeaute aussi la nouvelle foncière de revitalisation, quels sont ses objectifs ?

O.M. : Née de la volonté du Département, la foncière qui est une société privée (à trois actionnaires : la Satel 53 %, la Banque des Territoires 44 % et le Crédit de leur centre-bourg : habitat, commerces, espaces publics… On ne s’interdit pas d’intervenir pour accompagner aussi des usines ou sites économiques intéressants sur le territoire.

La foncière pourra notamment acquérir des bâtis vétustes et/ou vacants, les rénover et les remettre sur le marché, ou reconvertir d’anciennes friches industrielles ou artisanales, quand les communes n’ont pas les moyens de le faire. Elle se substitue à elles pour porter le risque économique, juridique et financier. La foncière n’a bien évidemment pas vocation à perdre de l’argent, même si elle est moins gourmande qu’un promoteur immobilier « classique ». Il y a là un chemin de crête étroit dans lequel elle s’insère pour pallier le non-intérêt des investisseurs privés et l’absence d’assise financière des collectivités locales. Plus d’une dizaine de communes nous ont déjà sollicités, le travail ne fait que débuter.

LA SATEL EN CHIFFRES

C’est une société d’économie mixte qui contribue au développement économique et urbain du département ; une entreprise commerciale dont les actionnaires majoritaires sont des acteurs publics, principalement le Département des Landes (57 %) et la Caisse des dépôts et consignations (16 %).

19 salariés : ingénieurs, techniciens, architectes, juristes, conducteurs d’opérations, administratifs…

26 concessions d’aménagement en cours, des huit petits lots à Audon sur 1,2 hectare pour

240 000 euros à la zone Atlantisud de Saint-Geours-de-Maremne sur 300 hectares et

70 millions d’euros, en passant par le parc d’activités de Northon à Saint-Martin-de-Seignanx (34 hectares, 24 millions d’euros) ou la future centaine de logements à Saint-Vincent-de-Paul (7 hectares, 3 millions d’euros)

868 marchés gérés pour 55 millions d’euros en 2021

748 marchés et 27 millions d’euros de travaux par an en moyenne sur les six dernières années.