Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Lydie Elgart : tout feu, tout femme

Lydie Elgart est la nouvelle présidente du club d’affaires Carbao Capbreton-Dax pour l’année 2023.

Lydie Elgart © Patxi Beltzaiz

Lydie Elgart © Patxi Beltzaiz

De toute évidence, Lydie Elgart n’aime pas s’ennuyer. Avocate depuis 25 ans au barreau de Dax, bâtonnier il y a 10 ans, pilote d’avion privé, danseuse de flamenco, mariée et mère de deux enfants, elle dit pourtant que c’est parce qu’elle avait peur d’une forme de routine qu’elle s’est laissée tenter par la proposition d’intégrer le club d’affaires Carbao1 Capbreton-Dax, jusqu’à en devenir la présidente, élue à l’unanimité, pour l’année 2023. Qu’a bien pu y chercher cette avocate reconnue qui n’a pas besoin d’un réseau pour exister ? « J’y suis venue par curiosité et j’y suis restée parce que j’adhère totalement à l’état d’esprit. J’ai beaucoup aimé l’aspect dynamique, start-up, qui m’a fait découvrir un univers qui n’est pas le mien. Quand on est invité à un « event »2, on a quatre réunions d’essai. Au bout de la troisième, j’étais emballée et je me suis dit pourquoi ne pas tenter l’aventure ? Ça va me faire découvrir de nouveaux métiers, des entrepreneurs qui ont encore des étoiles dans les yeux. C’est ce qui est arrivé. »

1 Club d’affaires et de recommandations par le bouche-à-oreille

2 Littéralement événement. Rencontre professionnelle, d’affaires

ROCK’N ROLL ATTITUDE

Étonnant pour quelqu’un qui chérit sa liberté, revendique une rock’n roll attitude et déteste l’entre-soi, de plaider pour ce type de structure propice aux fantasmes. « Chez nous, tout est transparent. Il n’y a pas de rite secret, plaisante-t-elle. Mais on a un ADN commun qui fait que lorsqu’on est membre, il y a un cadre pour la recommandation professionnelle, avec des valeurs fortes. »

Quelle sera la griffe Lydie Elgart pour cette présidence ? « Un peu rock’n roll ! » Elle éclate de rire et se rattrape tout de suite. « Non, je ne vais pas tout révolutionner », rassure-t-elle. Mais elle veut s’employer à travailler à une meilleure visibilité du club Carbao. « Que cela reste un melting-pot en termes d’âge, de professions, d’expériences.

Et surtout qu’on s’y amuse. Moi, je fais un métier sérieux sans me prendre au sérieux. » Elle avoue y avoir trouvé aussi une dimension humaine, notamment en accompagnant un porteur de projet de l’origine jusqu’à la création et au suivi de son entreprise.

UN CHALLENGE APRÈS L’AUTRE

Toujours preneuse de nouveaux challenges, elle reconnaît parfois forcer le trait et surjouer la provoc en veste orange, perchée sur des stilettos. D’autant plus si on veut la convaincre que cela ne se fait pas. Voulait-elle petite fille défendre la veuve et l’orphelin ? « Mais non ! Je voulais être une star. » Elle explose de rire, imaginant l’effet que ce type de réponse peut provoquer. De fait, elle voulait devenir pilote d’avion.

Mais une mauvaise vue l’y a fait renoncer. Ses professeurs en terminale lui conseillent de faire du droit parce qu’elle a une excellente mémoire. Originaire de Limoges, elle fait ses classes pendant cinq ans à Paris où elle se spécialise dans la protection de la marque. Jusqu’à ce qu’elle rencontre son mari dacquois aux ferias de Nîmes. Pour la convaincre de le suivre, il lui explique que Dax se situe près de Bordeaux. Par amour, elle feint de le croire. Trop chère, trop technicienne, elle galère pour trouver un cabinet dacquois qui l’accepte. Sa pugnacité fera le reste : de généraliste à l’activité dominante en droit du travail, elle trace son chemin jusqu’à se retrouver à la tête du barreau de Dax. Elle adore la joute verbale et avoue ne pas aimer perdre. Parmi ses plus beaux souvenirs, resteront un acquittement aux assises et sa victoire dans un dossier de licenciement aux prudhommes.

LES MOYENS DE SES RÊVES

Ce qui ne l’a pas empêchée de pousser un jour la porte de l’aéroclub de Dax pour réaliser son rêve d’aviation. À force de volonté et de travail, elle a obtenu son brevet de pilote en 2014 et prend régulièrement son avion préféré (rose) pour aller déjeuner le vendredi. « C’est un sentiment de liberté extraordinaire. » Tout comme elle s’est mise avec la même passion au flamenco, répétant inlassablement pour passer les auditions et intégrer le groupe Alma del Sur de Mont-de-Marsan. Pour elle, tous les rêves sont possibles à condition de s’en donner les moyens. Sous le coude de son élégant blazer rouge, un roman est en gestation, tandis qu’elle réfléchit très sérieusement au projet d’une entreprise de taxi en avion privé, au féminin. Lâcherait-elle son métier pour devenir businesswoman ? « Ou pourquoi ne pas aider quelqu’un ? Il faut toujours avoir plein de rêves », affirme-t-elle. Elle cite cet homme qu’elle révère entre tous, Robert Badinter, rencontré lorsqu’elle était bâtonnier : « « Dans votre métier, il faut toujours être surprise. Parce que si vous êtes surprise, vous allez vous mobiliser. » J’ai toujours cette phrase en tête. »

Lydie Elgart

Lydie Elgart © Patxi Beltzaiz

« JAMAIS JUGER SANS VOIR »

Un livre : « L’autobiographie de Nelson Mandela que j’ai lue en quatrième. J’ai découvert l’apartheid et j’ai trouvé ça d’une telle injustice ! Je suis allée en Afrique du Sud, dans la prison où il était… On ne peut que tomber amoureuse de Nelson Mandela. C’est un livre que j’ai du mal à prêter. »

Un film : « Pretty Woman » et les films de Patrice Leconte. Je connais par cœur les répliques du « Dîner de cons ». C’est toujours un peu la revanche de ceux qui sont victimes de leur image. »

Une musique : « Je joue de la clarinette et du piano, et j’adore la variété française. Dans ma voiture, je peux chanter du Sardou ou du Mylène Farmer à tue-tête. »

Une devise : « Jamais juger sans voir. Je laisse une chance au produit. »

Si Dieu existe qu’aimeriez-vous qu’il vous dise en arrivant devant lui ? « Que je me suis bien amusée ! Tant qu’on a une attitude positive, optimiste, la vie c’est génial. Mais il faut se donner les moyens ! »