Couverture du journal du 24/02/2024 Le magazine de la semaine

Lotos : du foie gras aux bons d’achat

Depuis quelques années et plus encore depuis le Covid et la crise inflationniste, les lotos des villages landais délaissent les paniers garnis pour des cartes cadeaux en supermarché. Signe d’une époque.

Lotos

© J. D.

La buvette, les sandwichs à la ventrèche, les frites et les crêpes sont toujours là, mais que ce soit à Saint-Yaguen, Horsarrieu, Labenne ou Laluque, la plupart des lotos bingos landais ont succombé aux bons d’achat, même si certains affichent parfois encore quelques lots supplémentaires. Fini le demi-cochon ou le canard gras qu’on ramenait à la maison.

DOUBLE QUINE ET POUVOIR D’ACHAT

Pour le week-end du 1er mai, la salle des fêtes de Narrosse fait salle comble avec ses 4 500 euros à distribuer, en tickets de 30 à 600 euros de la quine au carton plein, et à dépenser dans un hypermarché de l’agglomération dacquoise. « Depuis trois ans, on a décidé de ne proposer que des bons d’achat, alors qu’on ne faisait que des lots avant, avec de la viande et des filets garnis, confirme Dominique Mendiboure, trésorier du comité des fêtes organisateur de la soirée. C’était beaucoup de travail, et des soucis avec la chaîne du froid. C’est aussi plus facile de partager un bon d’achat qu’une boîte de foie gras quand deux joueurs font double quine en même temps ! »

Et l’enjeu attire davantage, notamment les jeunes, comme les sœurs jumelles trentenaires, Sabrina et Angélique Dartiguelongue : « Quand on gagne, on fait les courses avec, ça améliore le pouvoir d’achat et on est libre de choisir ce qu’on veut ! »

TIRAGE AU SORT ÉLECTRONIQUE

À chaque loto, le comité réalise entre 2 500 et 3 000 euros de bénéfices, soit 1 000 euros de plus que du temps des pâtés, conserves et gâteaux, de quoi mieux assurer les animations des fêtes du village (vachettes, feu d’artifice, etc.) « qui coûtent aussi de plus en plus cher », selon le responsable qui a dû investir il y a deux ans, dans un terminal carte bleue dans la mesure où les gens n’ont plus de liquide sur eux.

Entre 500 et 600 personnes sont, ce soir-là, réunies dans un silence de cathédrale au moment où démarre le tirage au sort électronique des numéros. Robert et Anne Pons qui font deux à trois lotos par mois, pour l’ambiance, en misant une vingtaine d’euros, sont venus spécialement d’Orthez : « Des canards et du cochon, on en a gagné par le passé, mais aujourd’hui, nous aussi on préfère les bons d’achat ! »