Couverture du journal du 28/11/2020 Consulter le journal

Le bâtiment landais prépare la reprise

Durement frappées par la crise sanitaire, les entreprises landaises du bâtiment se préparent à reprendre les chantiers, mais pas à n’importe quel prix.

Avec des carnets de commandes pleins, le regain d’activité semblait pourtant se confirmer en début d’année dans le secteur du bâtiment. La crise sanitaire du Covid-19 aura eu raison de l’optimisme pourtant prudent des 4 200 chefs d’entreprises landais du secteur. Début avril, 15 jours après le début du confinement, 92 % des entreprises du bâtiment avaient suspendu leur activité -63 % totalement et 29 % partiellement-, selon une enquête menée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment des artisans et petites entreprises du bâtiment (Capeb) des Landes auprès de 500 professionnels. Si depuis la parution du « Guide de préconisations sanitaires pour la continuité des activités de la construction », le 2 avril, « les entreprises du bâtiment peuvent envisager la reprise progressive des chantiers et travaux de rénovation, il est probable que la montée en puissance de cette reprise d’activité dans notre secteur s’étalera sur plusieurs semaines », indiquent Patrick Lalanne, président de la Capeb des Landes, et Fabien Fourcade, président de la Fédération du bâtiment des Landes, dans un courrier commun adressé à l’Association des maires (AML). Près de 50 % des entreprises ayant totalement suspendu leur activité envisageaient, en effet, une reprise partielle dès le
14 avril et 30% d’ici le mois d’avril. En jeu : la survie même de leur entreprise pour 80 % d’entre elles. 

LES MASQUES EN QUESTION

Toutes se sont appropriées les recommandations de l’Organisme professionnel de prévention du BTP (OPPBTP), mais le point d’achoppement pour 70 % d’entre elles reste l’absence sur le marché des masques de type chirurgical II-R ou de protection supérieure nécessaires au respect des consignes sanitaires. La mise à jour du guide, le 10 avril dernier, autorisant l’usage des masques alternatifs en tissu, laisse la profession pour le moins dubitative. « La baisse des exigences au niveau des masques est un mauvais signal envoyé aux entreprises. Elle peut laisser penser que la reprise des chantiers du BTP doit se faire à tout prix, au détriment même d’une protection renforcée des artisans, de leurs salariés et au passage de leurs clients face au danger du Covid-19 », s’insurge la Capeb 40 dans un communiqué. Aux questions prioritaires de protection des salariés viennent se greffer d’autres problématiques. L’activité se heurte, en effet, aux difficultés d’approvisionnement en matières premières avec la fermeture totale ou partielle des négoces de matériaux qui fonctionnent aujourd’hui au ralenti en version drive. « D’autant plus que des pénuries sont à prévoir dans les semaines à venir, chez les fabricants à l’arrêt depuis le début du confinement. C’est l’ensemble de la chaîne qui doit redémarrer », souligne François Corbi, secrétaire général de la Capeb 40. Avec notamment la réouverture des déchetteries aux professionnels et l’assouplissement des arrêtés municipaux proscrivant en saison estivale les travaux dans certaines communes du littoral, demandée par les deux organisations professionnelles à l’AML. En attendant, « chaque reprise de chantier doit être étudiée au cas par cas avec le maître d’ouvrage », préconise la Capeb 40.