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[ Dossier sauvetage côtier ] Anthony Mazzer : une passion chevillée aux palmes

Anthony Mazzer, 36 ans, au palmarès flatteur, a réussi son objectif de vivre de sa passion du sauvetage côtier, en proposant tout le matériel nécessaire à la discipline avec sa marque Ocean Perf, créée à Capbreton.

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Anthony Mazzer © Ocean Perf

Ils ne sont pas si nombreux ceux qui peuvent reconnaître qu’ils sont des hommes heureux. Anthony Mazzer fait partie de ces happy few. À 36 ans, le Dacquois devenu Capbretonnais a réussi son objectif d’allier sa passion pour le sauvetage côtier et réussite professionnelle. Avec la société Ocean Perf qu’il a créée en 2009, alors qu’il suivait encore des cours en école de commerce à Bordeaux, il propose du matériel et des équipements pour tous ceux qui pratiquent son sport de prédilection, de plus en plus prisé. Exigeant, mêlant différentes épreuves sur le sable et à l’eau, créant un rapport quasi organique à l’océan, tout en ajoutant la dimension humaine de secours à l’autre, le sauvetage côtier lorsqu’il vous prend ne vous lâche plus. Bien après les podiums et les médailles.

UN ESSAI TRANSFORMÉ

Cela n’avait pourtant rien d’une évidence pour Anthony Mazzer qui a commencé avec un ballon ovale entre les mains. Mais comme le rugby faisait une pause estivale et qu’il migrait vers Capbreton pour les vacances, il a cherché une activité sportive sur la plage. Il découvre le sauvetage côtier à Hossegor. « J’ai fait une semaine de stage et ça m’a bien plu. Venant du rugby, la natation n’était pas mon point fort. Mais à côté de ça, le sauvetage recouvrait plein de disciplines, comme le sprint sur le sable, le kayak, le paddleboard, et d’autres épreuves qui me correspondaient. » Et la passion d’un été est devenue grandissante jusqu’à ce qu’Anthony s’inscrive au club d’Hossegor, avant de suivre en 2003, Stéphanie Barneix et Walter Geyer qui créaient un club à Capbreton où il résidait.

PODIUM ET ÉPANOUISSEMENT

Très vite, le jeune homme montre des qualités physiques qu’il exploite grâce à un entraînement rigoureux, passant plusieurs mois en Australie, la Mecque de la discipline, enchaînant les compétitions internationales. Les résultats suivent. En 2003 et 2004, en équipe de France il obtient 11 médailles dont cinq en or et décroche le titre de champion d’Europe junior. En 2005, chez les adultes il devient vice-champion d’Europe. « C’est un sport qui m’a apporté un réel épanouissement personnel. On est amené à se dépasser physiquement, à connaître un milieu unique l’océan qui change tous les jours. On apprend à mieux se connaître aussi. À mieux connaître son corps, savoir quoi faire pour être en forme. Et puis, le sauvetage m’a permis de beaucoup voyager, de rencontrer plein de monde. Sans le sauvetage, j’aurais sans doute voyagé, mais pas autant. Et enfin, il a totalement influencé ma vie professionnelle. »

« QUELQUE CHOSE À FAIRE »

Pourtant, dès qu’il commence à pratiquer la discipline à haut niveau Anthony Mazzer est tout à fait conscient qu’il ne pourra vivre de son sport. Pas assez d’argent, pas assez de sponsors. « Il était tout à fait clair qu’il fallait que je trouve un métier qui me permette de vivre. » Il se lance dans des études de commerce à Bordeaux avec une idée en tête. « Même quand j’étais en prépa, je voulais créer une société pour faire fabriquer du matériel de sauvetage et le vendre. J’avais une passion et je voulais pouvoir vivre de quelque chose qui ait un rapport avec elle. C’est exactement ce que j’ai fait. À l’époque le matériel venait d’Australie et on galérait pour le faire venir. Donc je me disais qu’il y avait quelque chose à faire. »

Depuis 2009, après des débuts timides pour cause de compétitions et d’études à boucler, la société Ocean Perf croît chaque année un peu plus. « J’ai augmenté ma gamme de produits à travers plusieurs sites de fabrication et je propose tout le matériel de sauvetage, planches, kayaks, maillots, lycras. La marque est reconnue au niveau national, européen et même international. » Certes, il y a de la concurrence et notamment en Australie où sont implantées les marques historiques, mais il y a un réel potentiel. Les clubs se multiplient de Hendaye à Biscarrosse, et le nombre de licenciés explose.

« Par ricochet, je profite de cet engouement. Et puis, je suis ultra présent : je continue à m’entraîner et j’ai une proximité avec les clubs. Je sponsorise pas mal d’athlètes avec mon matériel et je suis partenaire de clubs, du magazine Life Saving magazine. »

ET POURQUOI PAS L’AUSTRALIE ?

Pérenniser sa société reste son objectif et notamment en se développant à l ’international. Déjà implanté dans de nombreux pays européens grâce à plusieurs agents, il tourne désormais les yeux vers le Canada, le Japon et pourquoi pas l’Australie où le marché reste énorme. « Développer l’Australie et la Nouvelle-Zélande permet de rayonner sur le monde. C’est un bon défi à relever. » D’autant que le matériel évolue chaque jour et qu’il participe à cette innovation avec l’équipe de compétiteurs qu’il sponsorise. Alors oui, papa d’une petite fille depuis quatre mois, Anthony Mazzer savoure son bonheur. « Et je continue à aller à l’eau, pour me sentir bien et parfois prendre en charge bénévolement quelques séances de sauvetage au club, pour transmettre aux plus jeunes tout ce que ce sport m’a apporté. »