Couverture du journal du 16/10/2021 Consulter le journal

[ Tarnos ] À Lundi : Détecteur de potentiels

Basée à Tarnos, l’association À Lundi aide les entreprises en manque de main-d’œuvre à trouver des salariés qualifiés.

Mosaique métiers A Lundi

© D. R.

En 2000, devant la pénurie de candidats à l’embauche dans les métiers du bâtiment, le comité de bassin d’emploi du Seignanx, Pôle emploi et les branches professionnelles avaient initié la création du Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) BTP Landes et Côte basque. « À l’époque, on avait arrêté de former dans le bâtiment, alors même que le chômage des jeunes était très élevé, rappelle Ghislaine Lesca, directrice générale de la structure associative baptisée À Lundi. Notre mission consistait donc à trouver des candidats, les former et les mettre à disposition des entreprises qui en avaient besoin.»

Vingt-et-un ans plus tard, la mission d’À Lundi est toujours la même, à ceci près que la zone d’influence a été élargie. En plus du siège installé à Tarnos, l’association dispose d’agences à Mont-de-Marsan, Bayonne, Pau (64) et Bruges (33). Les secteurs d’activité se sont également développés avec la création du GEIQ Interpro Sud-Aquitaine en 2011 et du GEIQ des industries technologiques d’Aquitaine en 2016. «À part les services à la personne, la propreté et l’agriculture, on couvre tous les métiers. Notre rôle est de créer de l’emploi durable en proposant un accompagnement cousu main, aussi bien aux entreprises qu’aux salariés.»

AU SERVICE DES ENTREPRISES

Grâce à ses GEIQ, À Lundi met à disposition de ses 383 entreprises adhérentes, du personnel en contrat de professionnalisation ou en contrat d’apprentissage pour une durée de six à 24 mois. « Nous nous occupons absolument de tout : le sourcing des candidats, la recherche de formations, toute la partie ressources humaines (contrat, paye, visite médicale…). Nous pouvons même accompagner l’entreprise dans son développement et dans la gestion prévisionnelle des emplois, si elle le souhaite. »

Pour aider les TPE et les PME qui n’ont que des besoins ponctuels sur certaines tâches, À Lundi est également à la tête du groupement d’employeurs GE+ depuis 2006. Cette entité met à disposition du personnel qualifié en CDI ou CDD, à temps plein ou partiel, en temps partagé ou assure la prestation recrutement. Le GE’ créé en 2016, répond aux mêmes demandes pour les structures non assujetties à la TVA, comme les associations ou certaines collectivités.

A lundi recrutement

© D. R.

Une structure associative

À certains égards, À Lundi ressemble à une société d’intérim. À ceci près qu’elle n’a pas un but lucratif et que les ressources qu’elle génère servent à former les candidats pour leur permettre de trouver un emploi dans le département et aux entreprises adhérentes de se développer. Tous les administrateurs sont bénévoles et investis dans ce projet pour l’emploi, les métiers et la formation.

Chaque entité d’À Lundi est présidée par un entrepreneur :
• GEIQ BTP Landes et Côte Basque : Joël Suscosse (SARL Suscosse)
• GEIQ INTERPRO Sud-Aquitaine : Mathieu Jardillet (ID Verde)
• GEIQ des Industries technologiques d’Aquitaine : Bruno Abane (Sefi)
• GE+ : Jean-Noël Oillarburu (Carrière et matériaux de construction)
• GE’ : Daniel Rodriguez (association La Locomotive)

Aux petits soins des salariés

Une grosse part du travail d’À Lundi consiste à trouver les bons candidats pour les entreprises adhérentes. « Nous travaillons avec une multitude de partenaires, dévoile Ghislaine Lesca. Toutes les structures spécialisées dans la recherche d’emploi, bien sûr, mais aussi les services sociaux, les associations sportives et culturelles… Parce que, plus que le parcours, la formation et les expériences des personnes, c’est leur potentiel qui nous intéresse. La motivation, le savoir-être, la passion, c’est tout ça que nous prenons en considération. Beaucoup de gens cherchent plus un salaire qu’un emploi. Mais ça ne peut pas tenir sur la durée. Nous voulons des personnes qui n’ont pas arrêté de rêver et qui viennent travailler avec le sourire.»

En fonction des besoins exprimés par les candidats, À Lundi cherche les formations qui leur permettront d’atteindre leurs objectifs et met en place un planning personnalisé. Et pour leur permettre de s’y consacrer à 100 %, la structure a également créé il y a huit ans, un service hors emploi destiné à s’occuper de toutes les problématiques des salariés qu’elle accompagne. « Les parcours de vie sont parfois fragiles. Une voiture en panne, une difficulté administrative ou un problème de logement peuvent tout remettre en cause. Nos chargées d’accompagnement les épaulent pour trouver des solutions. Notre objectif est de maintenir les salariés en
emploi. »

Mais la problématique actuelle reste de trouver des prétendants. « Depuis deux ou trois ans, on manque de candidats, particulièrement dans les métiers du bâtiment, de la restauration et des espaces verts. Et après la Covid-19, c’est encore pire, avec toutes les remises en question qui en ont découlé. On n’a pas encore assez travaillé sur l’image des métiers en pénurie auprès des
familles et des demandeurs d’emploi. Les clichés ont la vie dure ! Beaucoup croient encore que ce sont des voies de garage vers lesquelles on envoie ceux qui ne sont pas bons à l’école. C’est absolument faux : ces métiers demandent beaucoup de technicité et offrent des salaires incomparables par rapport à d’autres secteurs.» Ghislaine Lesca aimerait avoir accès à plus d’établissements scolaires pour en parler dans les collèges et les lycées. « Il faut ça pour changer l’image de ces métiers, créer des vocations, faire que les jeunes intègrent ces entreprises… et que le vendredi soir, avant de partir en week-end, ils soient enthousiastes en disant à leurs collègues : À lundi! »