Outre les retombées économiques pour les territoires, le thermalisme français, c’est aussi un patrimoine bâti souvent construit à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, aujourd’hui confronté aux impératifs de performance énergétique.
Le défi du patrimoine
Sous les plafonds de plusieurs mètres de haut de l’hôtel art déco Splendid à Dax qui n’accueille plus de cures thermales depuis plusieurs années mais un « spa aqua-sensoriel » sur 1 800 m², Emmanuel Duval, expert ingénierie de la filière thermale à Atout France, a rappelé que beaucoup d’établissements thermaux, souvent classés monuments historiques, doivent aujourd’hui « concilier architecture spectaculaire avec une gestion moderne des flux énergétiques. » Les thermes de Nancy (Meurthe-et-Moselle) ont ainsi investi 100 millions d’euros pour un projet global de territoire très ambitieux, avec récupération des calories des eaux chaudes et amélioration des performances bâtimentaires. À Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), les espaces de circulation et les bassins extérieurs ont été repensés pour limiter l’évaporation et alimenter une cascade géothermique. La Bourboule (Puy-de-Dôme) a, de son côté, refait ses toitures pour améliorer l’isolation.
Aujourd’hui, seuls 10 % des établissements thermaux disposent d’un label de performance environnementale (pas qu’énergétique), mais « la dynamique s’accélère », a-t-il ajouté lors de cette étape du tour de France Rénov’acteurs dédié à la rénovation énergétique et à l’adaptation climatique des bâtiments, avec des solutions territorialisées et des acteurs locaux.
Avantage du secteur : les deux à trois mois de fermeture annuelle permettent de mener des travaux, même lourds, sans arrêter l’activité. Reste la question du financement, dans un secteur fragilisé par le covid qui n’a jamais récupéré sa fréquentation de curistes. « Mais on arrive à trouver parce que nous sommes sur des territoires qui ont besoin de ces établissements pour avancer », selon Emmanuel Duval.
Transformer le séminaire du Pouy
Au-delà du thermalisme, des exemples locaux de rénovation énergétique ont été mis en avant par les partenaires de la tournée Rénov’acteurs. Après avoir souligné qu’avec le coût de l’énergie à la hausse, « il vaut mieux réfléchir dès maintenant aux solutions de rénovation énergétique » car « on ne sait pas si les subventions d’aujourd’hui seront toujours présentes demain », Thibaut Maricot, directeur du développement de la rénovation des copropriétés chez Bouygues Construction, a détaillé la rénovation complète d’un ancien hôtel sur le lac d’Hossegor, en augmentant la qualité de services. Il a également évoqué la future transformation du séminaire du Pouy à Dax en résidences étudiantes adossées à un campus. « C’est un formidable enjeu pour le territoire, a-t-il estimé. Nous faisons là un accompagnement technique et financier. On va même jusqu’à rechercher les bonnes écoles à intégrer à ce campus. On est loin de faire que les travaux aujourd’hui et ça rend nos métiers encore plus intéressants. »