Couverture du journal du 01/04/2026 Le nouveau magazine

Gertrud Varailhon : le végétal animal 

Depuis 20 ans, Gertrud Varailhon transforme les aiguilles de pin de son jardin landais en œuvres singulières. Entre patience méditative et geste artistique, l'ancienne bijoutière d'Hossegor fait muer des milliers de fragments végétaux en pièces poétiques. 

Gertrud Varailhon

Gertrud Varailhon dans son jardin sous les pins, fournisseurs exclusifs des aiguilles de ses oeuvres. © Julie Ducourau

Le jour où un homme se baladant avec son chien l’a prise pour « une vieille folle à ramasser des aiguilles de pin une par une », elle s’est juré de ne plus aller en forêt chercher sa matière première. Depuis, Gertrud Varailhon se fournit exclusivement dans son jardin, devant les barthes de Soorts-Hossegor, où ses pins perdent par millions leurs attributs piquants en toute saison, et plus encore à l’automne. « Il faut avoir la patience. Si les aiguilles sont trop petites, ça ne va pas. Si elles sont trop longues, je ne les prends pas non plus, je choisis à l’œil. » Son regard ne pointe jamais vers les cimes des arbres à pignes, mais toujours au sol, dans l’herbe, pour dégoter de nouvelles tiges fines marron dignes d’entrer dans son univers poétique. Dans son atelier, ses cartons en sont pleins : des naturelles, des bleues, des rouges, des jaunes, des vertes… peintes au pistolet après avoir séché à l’air l…