Couverture du journal du 19/09/2020 Consulter le journal

Le fois gras menacé

La filière foie gras s’inquiète d'une forte baisse des ventes avec la survenue du Coronavirus et les mesures de confinement. Elle en appelle à la solidarité de la distribution et des consommateurs.

Le foie gras, même démocratisé, demeure un produit de fête. La preuve : les périodes de forte consommation de foie gras, magrets et confits d’oie et de canard se concentrent autour de Noël, Pâques et des fêtes du printemps. C’est dire, alors que la consommation était repartie à la hausse après les crises aviaires et les abattages massifs de 2016 et 2017, si l’épidémie de coronavirus porte un rude coup à la filière. Les professionnels sont ainsi confrontés à une très forte chute des ventes liée aux mesures de confinement, à la fermeture des restaurants, à une moindre mise en avant de leurs produits en grande distribution, aux fermetures des marchés et à l’arrêt des activités à l’exportation. 

LES VENTES DE FOIE GRAS MI-CUIT ONT CHUTÉ DE 50 %

Les derniers chiffres disponibles illustrent parfaitement la gravité de la situation. Près de 60 % des débouchés de la filière sont fermés et le recul moyen des ventes des PME et des producteurs du secteur, tous produits confondus, est d’environ 30 % depuis le début du confinement. Selon le panéliste IRi, les ventes de foie gras mi-cuit ont par exemple connu une baisse de 50 % au cours de la semaine du 29 mars, sur le total des hypermarchés, supermarchés et drives. Ces reculs de ventes conséquents constituent une menace grave et réelle pour les 100 000 emplois directs et indirects de la filière, depuis les couvoirs jusqu’aux entreprises de transformation en passant par les éleveurs.

PARENTHÈSE FESTIVE EN MODE CONFINEMENT

Face à cette crise qui menace leur existence, les professionnels en appellent au soutien de la distribution pour une plus grande mise en avant des foies gras, magrets et confits dans les rayons de ses magasins. Ils demandent aussi aux enseignes de ne pas renoncer aux opérations déjà programmées, de mettre en place des actions de promotion d’urgence et de ne pas annuler un certain nombre de commandes. Ils aimeraient, enfin, voir une plus forte présence de leurs produits dans les réseaux drives, e-commerce et magasins de proximité. Les producteurs de foie gras font, en outre, appel à la solidarité des consommateurs français en les invitant à s’offrir une parenthèse festive dans la monotonie d’un confinement désormais appelé à durer jusqu’au 11 mai. 

LA MAISON LAFITTE ET MICHEL GUÉRARD MOBILISÉS POUR LES EHPAD
Michel Guérard, le chef *** des Prés d’Eugénie et le producteur de foie gras et de confit de canard La Maison Lafitte à Montaut ont uni leurs talents pour proposer aux 600 résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Chalosse et du Tursan un repas de fête pour le dimanche de Pâques, le 12 avril. Un partenariat qui ne s’arrête pas là puisque depuis le début du confinement le producteur landais a proposé à Michel Guérard, frappé par la fermeture de ses restaurants, de reprendre dans ses ateliers plusieurs de ses salariés au chômage technique. Un juste retour des choses puisqu’en mai 2016, quand l’activité de La Maison Lafitte avait brusquement été interrompue en raison du premier épisode de grippe aviaire, Michel Guérard avait repris dans son établissement des salariés alors au chômage technique.