Couverture du journal du 01/04/2026 Le nouveau magazine

Bernard Bornancin : esprit d’aventure et labeur en héritage

Fils d’un charpentier immigré italien et d’une mère au foyer qui éleva six enfants, l’artisan du Grand Moun à Mont-de-Marsan a construit, à l’instinct et en autodidacte, une carrière nourrie par les transformations de la grande distribution.

Bernard Bornancin

BERNARD BORNANCIN © Louis Piquemil - Les Annonces Landaises

La maquette du château de Moulinsart trône au milieu de figurines de Tintin, dans la bibliothèque de son vaste bureau lumineux, où chaque fenêtre permet de jauger la silhouette ondulante du Grand Moun. « On n’avait que quelques albums à la maison, mais Tintin, ça a été extraordinaire. Ça nous a fait voyager dans notre tête ! », s’exclame Bernard Bornancin. Sur les étagères, un autre vestige de l’enfance. Le rabot en bois de son père, arrivé de Vénétie à 12 ans, et qui y usa ses mains de charpentier. La famille, nombreuse, vit à Pessac, au milieu des poules, des canards, du cochon, du potager, et d’un petit bout de vignes.

« Il y avait six bouches à nourrir. J’ai vu mes parents travailler toute leur vie. Ils étaient exceptionnels », se souvient l’entrepreneur. Le petit Bernard a du mal avec l’école et se fait renvoyer de plusieurs établissements, parfois pour quelques menues paroles insolentes. « Je n’étais pas adapté au système scolaire. J’ai arrêté très tôt, après mon certificat d’études. » Le reste de la fratrie enchaîne les diplômes. La comparaison est douloureuse. « Je suis le raté de la famille ! », se plaît-il à dire.

Langoustes du Brésil

Après un service militaire consacré à l’analyse rigoureuse des ressorts de l’ennui, Bernard Bornancin démarre sa vie active à 22 ans avec une revanche à prendre. « J’ai été embauché par une entreprise bordelaise, Doc François, qui posséd…