Couverture du journal du 01/03/2026 Le nouveau magazine

Thomas Dufau : la quête d’éternel

Avec le florissant domaine viticole de Marquestau, dans le Bas-Armagnac, le trentenaire vit une aventure entrepreneuriale nourrie par son rapport vital à la tauromachie.

Thomas Dufau

THOMAS DUFAU © D. R.

Il est 9 h du matin, Thomas Dufau n’est pas à son bureau. Depuis sa fenêtre, les vignes du domaine de Marquestau ploient sous le soleil généreux d’Hontanx. Accrochée au mur blanc, dans un coin, une cape rose, maculée de taches de sang noirci. L’étoffe du torero ne trône pas telle une relique promise à la dévotion. On dirait plutôt qu’elle a été posée là, négligemment, comme un vêtement de travail, par quelqu’un qui pourrait s’en servir de nouveau. Longiligne et gracile, bottes terreuses aux pieds, Thomas Dufau apparaît dans l’encadrement de la porte. « Je suis désolé pour le retard ! Je suis réveillé depuis 5 h 30, j’étais dans les vignes. Je n’ai pas eu le temps de me changer », sourit-il.

L’enfant du pays qui, depuis sa despedida, il y a deux ans, occupe le poste de directeur général du domaine de Marquestau, n’est pas du genre à rester assis, stylo en main, pour valider des décisions stratégiques. Ni à singer l’amour du terroir. « Avec Julien Tastet, mon ami d’enfance, on a toujours voulu se trouver une aventure commune, autour de nos valeurs : l’authenticité, la convivialité, le partage. Et avec une ligne de conduite : valoriser le patrimoine. »

Un grand M

En 2013, quand le duo d’amis se lance dans l’aventure Marquestau, sur une proposition de Jean-Michel Lamothe, un agriculteur dont la famille cherche à vendre sa ferme où elle produit « du canard et un peu d’armagnac…